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Imagine a Future, un documentaire sur l’estime de soi chez les femmes noires

3 Nov
Photo de Janet Goldsboro

Dans le documentaire, Janet Goldsboro apprend à s’accepter telle qu’elle est

L’image et l’estime de soi sont des sujets auxquels sont confrontées beaucoup de jeunes filles dans la société actuelle. Ces sujets sont d’autant plus problématiques chez les femmes afro-américaines, souvent exclues des standards de beauté européens d’aujourd’hui.

Imagine A Future est un documentaire réalisé par Lisa Cortés et Shola Lynch (réalisatrice du film Free Angela notamment), et produit par Beverly Bond. Ce film s’attaque à ces sujets en s’appuyant sur le témoignage de Janet Goldsboro, une adolescente de la ville de Dover, aux Etats-Unis. Janet nous fait voyager du Delaware en Afrique du Sud en nous embarquant dans son voyage émouvant et psychologique, du manque d’estime à l’acceptance.

Photo de l'équipe du film

La jeune Janet Goldbsoro et les productrices et réalisatres du documentaire

Le but de l’équipe du film est d’inspirer les jeunes filles et femmes noires à déterminer un standard de beauté qui leur serait propre et reflèterait leurs valeurs.

Sur le blog Shadow & Act,  Tambay A. Obenson nous explique:

« Ce film entre dans le cadre du projet My Black is Beautiful, une initiative qui a pour objectif de célébrer la diversité de la beauté chez les femmes afro-américaines, et d’aider les femmes noires à définir et promouvoir leur propre standard de beauté, un standard qui représenterait fidèlement leur esprit indomptable. »

Affiche du documentaire Dark Girls

Dark Girls, un documentaire sur le colorisme

Imagine A Future a été diffusé le 5 juillet 2013 sur les chaînes américaines BET et Centric. Il a suivi de près la première de Dark Girls, un documentaire de deux heures de Bill Duke et D. Channsin Berry qui se penche sur les préjugés auxquels sont confrontés les femmes noires à travers le monde. Ce documentaire a été diffusé le 23 juin 2013 sur la chaîne d’Oprah Winfrey (Oprah Winfrey Network). […]

Regarder Imagine a Future sur Youtube

Source

Voir aussi :

Naturels, défrisés, tressés, rasés : ce ne sont que des cheveux !

26 Sep

Un post de Janelle Harris sur Essence.com

Pour nous, les femmes noires, les cheveux sont un sujet très sérieux. Où je veux en venir ?

Photo du mannequin angolais Maria Borges

On peut vouloir avoir les cheveux lisses sans que ce soit le signe qu’on rejette ce qu’on est

Certaines iraient jusqu’au Brésil voir les plus belles plages du monde, mais ne mettraient jamais un pied dans un stade de peur que leur coiffure soit remuée par une ola. D’autres pourraient regarder un pasteur de travers après qu’il ait oint leurs cheveux d’huile sacré, ruinant ainsi une coupe parfaite, même au nom de Jésus. D’autres encore seraient prêtes à se passer d’électricité, de sexe, à se caler avec une pile d’oreillers pour pouvoir dormir debout et à éviter tout exercice, tout ça pour que leur coupe ne bouge pas d’un poil. Soit.

Cela étant, ces trucs qui poussent sur nos têtes ne devraient pas être source de conflit. J’ai l’impression que beaucoup de femmes aux cheveux naturels me regardent de haut parce que j’ai les cheveux défrisés. Mais nos cheveux ne devraient pas donner lieu à un tel affrontement.

Photo d'une femme noire aux cheveux lisses et d'une autre aux cheveux naturels

« Je ne me sens pas obligée de couper mes cheveux défrisés pour montrer à qui que ce soit que je suis incontestablement noire »

Ils ne sont pas le signe d’une appartenance à la « Confrérie des soeurs aux cheveux crépus qui en jettent ». Arrêter le défrisage, faire moins de brushing, c’est une expérience, et pour certaines femmes, c’est aussi se débarrasser d’une convention sociale qui pèse sur elles depuis leur plus jeune âge. Cela demande sûrement le soutien des femmes qui sont déjà passées par là. Mais j’ai l’impression que tout ce mouvement est séparatiste et contre-productif. Bientôt naîtront le « gang des femmes aux afros courtes » et un « ordre des porteuses de perruques ».

« Mon identité de femme noire, consciente, se trouve dans ma tête, et non sur ma tête. »

Je suis heureuse de voir autant de belles femmes noires enlever foulards et bigoudis et exercer leur créativité sur la somptueuse chevelure avec laquelle elles sont nées. J’ai fait des locks à ma fille de 12 ans alors qu’elle était encore à l’école élémentaire. Depuis, toutes les femmes de mon entourage, y compris ma mère et ma soeur (à l’exception d’une personne) sont revenues à leurs cheveux tels qu’ils étaient avant : avant de connaître les fameuses retouches de la sixième ou huitième semaine, avant de se dire qui valait mieux ne pas se gratter le cuir chevelu pour ne pas sentir les brûlures.

Photo de poupée tenant une perruqe

« Arrêter le défrisage, faire moins de brushing, c’est une expérience. »

Pourtant, en dehors ce cercle proche, je me suis disputée plus d’une fois avec des femmes qui semblaient penser que ma fierté d’être noire était moindre, simplement parce que j’avais décidé de me lisser les cheveux. Je ne me sens pas obligée de couper mes cheveux défrisés pour montrer à qui que ce soit que je suis incontestablement noire. A vrai dire, que ce soit chez les porteuses de locks et d’afros ou chez les porteuses de perruques blondes à la Lil’ Kim, je vois autant de personnes lutter pour s’affirmer. Notre esprit peut être conditionné de façons diverses et variées, et cela ne se voit pas à la façon dont on se coiffe.

« Se faire défriser ne signifiait pas atteindre la perfection du cheveu européen. C’était juste le signe que nous étions maintenant assez grandes pour nous asseoir sur le grand siège chez le coiffeur. »

Je me rappelle parfaitement de tous les commentaires qu’a suscités mon premier défrisage, à 16 ans. Quand j’étais plus jeune, pour les grandes occasions, ma grand-mère nous mettait en rang, moi et mes cousines, puis nous pomponnait avec une brosse dure et du Blue Magic. Il fallait parfois passer par le fer à chaud, et d’autres fois non (Dieu merci). Cela étant, on se retrouvait toutes avec plus ou moins la même coiffure : notre chevelure était divisée en deux, une partie dans une queue de cheval, l’autre dans une grosse mèche fermement attachée, retombant en plein milieu de notre front comme un parfait serpentin. On pouvait jouer à la marelle, faire du double dutch, jouer à cache-cache, cette mèche ne bougeait pas, ne se relâchait pas et résistait même au vent.

Pour nous, se faire défriser ne signifiait pas atteindre la perfection du cheveu européen. C’était juste le signe que nous étions maintenant assez grandes pour nous asseoir sur le grand siège chez le coiffeur, arrêter de faire des tresses, de mettre des barrettes et de porter des franges d’un style dépassé, pour enfin faire sensation avec une coiffure vraiment tendance.

Photo de produit défrisant

« Se défriser, c’était juste le signe que nous étions maintenant assez grandes pour nous asseoir sur le grand siège chez le coiffeur. »

Ce sont peut-être ces souvenirs qui font qu’aujourd’hui, je ne suis pas contre le défrisage. Je comprends bien que l’esprit des hommes aussi bien que celui des femmes a été conditionné dans une logique d »auto-dépréciation, pour qu’on pense que nos cheveux ne sont « bien » que lorsqu’ils sont raides. Et je pourrais hurler à chaque fois que j’entends quelqu’un (encore aujourd’hui, en 2011) sous-entendre ou dire clairement que les « beaux cheveux » sont uniquement ceux qui vous arrivent dans le bas du dos et qui volent au vent en suivant les mouvements de notre tête.

Cela dit, il est tout aussi démoralisant de voir l’air dégoûté qu’arborent certaines personnes qui me considèrent comme une traîtresse tout ça parce que j’aime enrouler mes cheveux en doobie. Du moins, pour l’instant. Si j’arrête de me défriser les cheveux (et je pense que cela se fera sûrement un jour), je ferais quelque chose de différent, et laisserait mes cheveux faire une pause pour récupérer des traitements chimiques (et ce ne sera pas une question de quête de mon identité). Mon identité de femme noire, consciente, se trouve dans ma tête, et non sur ma tête. Après tout ce ne sont que des cheveux. Et bien que je sois contente de mes cheveux, ils ne définissent pas qui je suis.

Trois femmes noires avec des coupes bien différentes

Comme on dit : chacun fait ce qui lui plait !

Source

Voir aussi

Leila Lopes est la plus belle femme du monde

13 Sep

Leila Lopes, Miss Angola, a été sacrée Miss univers. De quoi faire réfléchir le Dr Kanazawa n’est-ce pas ?

Miss Angola est une jeune fille de 25 ans, étudiante en faculté de gestion au Royaume-Uni. Elle veut devenir femme d’affaires. Avec son sourire éclatant, elle a mis fin à la série de victoires latino-américaines.

Leila Lopes, Miss Angola, a été sacrée cette nuit au Brésil, à Sao Paulo, Miss univers 2011 devant plus d’un milliard de téléspectateurs. La jeune femme de 25 ans a devancé Miss Ukraine et Miss Brésil, Miss France, Laury Thilleman, terminant dans le top 10. Présentation en photos.

Voir l’article Leila Lopes devient Miss Univers 2011 en entier sur Afrik.com

Leila Lopes, Miss Angola et Miss Univers 2011

La première Miss Univers noire était Janelle Commissiong, Miss Trinidad et Tobago, en 1977.

Janelle Commissiong, la première Miss Univers noire (1977)

Leila Lopes est la quatrième femme noire sacrée Miss Univers. Avant elle, la dernière à avoir remporté le titre était Mpule Kwelagobe, Miss Botswana, en 1999.

Mpule Kwelagobe, Miss Botswana et Miss Univers 1999

Wendy Fitzwilliam, Miss Trinidad et Tobago et Miss Univers 1998

Leila Lopes est ainsi la deuxième femme noire d’origine africaine à remporter ce concours. Serait-ce le signe que le jury du concours évolue et accepte de façon inaltérable le fait que la beauté est diverse  ?

Autres articles en lien avec Leila Lopes et l’élection de Miss Univers :

« Pourquoi les femmes noires sont-elles moins attirantes ? »

14 Août

C’est la question pour laquelle un psychologue évolutionniste a été renvoyé de Psychology Today. Une étude « objective » pour lui, mais douteuse pour la plupart d’entre nous.

J’ai l’impression que cette information n’a pas été diffusée en dehors de la Grande-Bretagne. Cela date un peu mais mérite quand même réflexion. Je vous traduis donc l’article publié le mardi 17 mai sur le site www.salon.com.

Notez qu’en anglais, le mot « race » n’a pas la connotation négative qu’il a en français.

Un article mis en ligne ce lundi (ndlr : lundi 16 mai) par Psychology Today a suscité la controverse. Les lecteurs ont crié au racisme. Et pour cause, l’article du Dr Satoshi Kanazawa, psychologue évolutionniste, a pour titre : « Pourquoi les femmes noires sont-elles physiquement moins attirantes que les autres femmes ? »

Son argumentaire est le suivant. Un ensemble de données montrent que les femmes noires sont « objectivement » moins attirantes que les femmes blanches, asiatiques et amérindiennes. Ces mêmes données montrent que les hommes noirs, en revanche, ne sont pas moins attirants que les hommes des autres races. En partant de ces données, le Dr Kanazawa  cherche à expliquer pourquoi il en est ainsi. Il part du principe que les populations noires ont un taux de  testostérone plus élevé que les autres races. Elles ont donc « des caractéristiques plus masculines ». Il affirme d’autre part que les femmes sont « objectivement » plus attirantes que les hommes. Aussi, si les femmes noires ont des caractéristiques plus masculines, cela expliquerait pourquoi elles sont vues comme étant moins attirantes.

Suite aux vives réactions des lecteurs indignés, Psychology Today a tout d’abord changé le titre de l’article ( « Pourquoi femmes noires sont vues comme étant moins attirantes que les autres femmes ? »), puis complètement retiré l’article du site, bien que l’étude soit encore accessible dans son intégralité sur d’autres sites.

Après cela, en signature sur son blog Psychology Today, le Dr Kanazawa (scientifique fondamentaliste) nous prévient : « Si ce que je dis est faux, car illogique ou par manque de preuves scientifiques, alors c’est mon problème. Si ce que je dis vous choque, c’est votre problème. »

Et bien, si on applique ce que dit le Dr Kanazawa, il est évident que son article est son problème (ainsi que celui de Psychology Today et des institutions universitaires auxquelles il est rattaché, à savoir la London School of Economics and Political Science et le Birkbeck College de l’Université de Londres).

Commençons par analyser les données utilisées par le Dr Kanazawa, données censées montrer, « objectivement », que les femmes noires sont moins attirantes que les autres femmes. Il en ressort qu’il s’agit de simples avis d’un groupe de chercheurs ayant travaillé sur une vaste étude appelée Add Health. Il a été demandé aux chercheurs de noter des sujets (des hommes et des femmes de différentes races) pour dire à quel point ils les trouvaient attirants (1=pas du tout attirant, 2=attirant, 3=dans la moyenne, 4=attirant, 5=très attirant). Akiba Solomon, éditorialiste pour Colorlines, écrit en réaction :

« Je suis perplexe quant à l’objectivité de ces données. Résultent-elles d’analyses réalisées par des moteurs de recherche, libres de tout préjugé, qui ont parcouru chaque site d’analyse ? Ou sont-elles le résultat d’entretiens menés par des personnes sujettes à des peurs telles que le racisme, le sexisme, la peur de l’handicap, l’homophobie, la transphobie, la xénophobie, la phobie du gras, et je ne sais quelles autres phobies ayant des influences sur les critères de beauté ? »

Dans ce cas, il semblerait le Dr Kanazawa pose plutôt la question suivante : « Pourquoi les femmes noires sont-elles moins attirantes selon les critères de beauté qui font que les femmes noires sont moins attirantes ». C’est une pétition de principe.

La conclusion du Dr Kanazawa, selon laquelle le taux de testostérone serait la raison pour laquelle les femmes noires sont moins attirantes, est une nouvelle faille dans ce raisonnement faux. « Rappelons, nous dit-il sans réserve, que les femmes sont en moyenne physiquement plus attirantes que les hommes ». Par conséquent, les femmes noires sont d’autant moins attirantes, puisque leur taux de testostérone leur donne l’air plus masculines.

Tous les départements universitaires s’accordent sur la complexité de la façon dont le genre est vu et le lien problématique entre la notion d’attirance et la répartition entre les genres. Pourtant, lorsqu’il emploie les termes « attirant », « femme » et « homme », le Dr Kanazawa occulte complètement le fait que ces questions sont le sujet de débats et d’études continus.

Le psychologue évolutionniste n’évoque pas non plus les problèmes qu’impliquent les généralisations quant aux races, catégorisant évidemment des millions de personnes pourtant très différentes.

Des groupes se sont créés pour répondre au Dr Kanazawa qui a déjà à son actif d’autres recherches mettant en évidence ses préjugés raciaux. D’après le site britannique Voice Online, ces groupes exigent des excuses de Psychology Today et appellent les institutions universitaires auxquelles le Dr Kanazawa est affilié à revoir son poste.

Des personnalités telles que Mikhail Lyubansky de Psychology Today et le professeur Paul Gilroy de la London School of Economics ont déploré ces propos.

Le 27 mai 2011, Kaja Perina, éditeur en chef de Psychology Today, a fait la déclaration suivante :

« La semaine dernière, un post sur les races et les apparences, rédigé par Satoshi Kanazawa, a été publié, et immédiatement retiré de ce site. Nous présentons nos plus plates excuses pour l’affront que cet article représente et l’émotion qu’il a créée. La mission de Psychology Today est d’informer le public, et non de diffuser des contenus incendiaires ou à caractère injurieux. Psychology Today ne tolère ni racisme, ni préjugés d’aucune sorte. Cet article n’a pas été approuvé par Psychology Today. Nous prenons cependant l’entière responsabilité quant à sa publication sur notre site. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer qu’un tel incident ne se produise plus jamais. Nous présentons encore nos excuses les plus sincères pour la peine que cet article a causée. »

Inutile de dire que le Dr Kanazawa ne travaille plus à Psychology Today. En fait si, c’est utile de le dire, parce que, personnellement, j’en suis bien ravie.

Pour l’anecdote, sachez que le cher Dr Kanazawa a également écrit un article intitulé « Toutes les femmes sont-elles, par nature, des prostituées ? » Aucun doute. Le Dr Kanazawa est un homme qui sait parler aux femmes…