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Cheveux afro : Qu’apprenons-nous à nos enfants ?

20 Jan

Apprendre à s’accepter commence dès le plus jeune âge avec ce que les adultes nous apprennent, pas seulement par l’éducation mais aussi par leurs paroles. Certaines remarques ou petites piques apparemment innocentes peuvent avoir un impact important sur la façon dont un enfant se percevra et se construira. Voici une belle lettre ouverte lue sur Kinkycurlycoilyme.com (What are You Teaching Your Children?) qui nous interpelle sur ce que nous apprenons à nos enfants. Et si comme moi vous n’avez pas encore d’enfants, c’est quand même important de comprendre l’impact de nos mots sur ces jeunes esprits : vos futurs enfants, vos neveux et nièces, les enfants des autres, tous-les-en-fants !

Photo mère fille aux cheveux afros

Apprendre aux enfants à s’aimer tels qu’ils sont

Lettre ouverte d’Ellisa Oyewo : Qu’apprenons-nous à nos enfants ?

Une mère à sa fille, en lui tirant les cheveux pour faire une queue de cheval : “Oulaaa ma chérie ! C’est crépu, crépu, crépu ! Il faut qu’on te défrise tout ça ! Dire que je te laisse sortir comme ça dehors, avec tous ces noeuds sur ta tête ! En public… On va finir par par t’appeler Lil Nappy ! »

Vous direz que j’ai été indiscrète, mais j’avoue avoir continué à observer la scène : cette petite fille de 7 ou 8 ans se faisait humilier ouvertement par sa mère. Comme dans beaucoup de cas, la jeune fille se souciait sûrement pas de ses cheveux avant que sa mère ne lui fasse ces commentaires. La petite fille, assise sur le banc, tenait fermement sa poupée bleue, et traçait des cercles par terre en poussant un caillou avec son pied. Dès que sa mère eut fini son monologue, la petite commença à toucher ses cheveux, encore et encore, essayant de les cacher du reste du monde. Elle posa sa poupée et demanda : « Qu’est-ce qu’ils ont mes cheveux ? »

Photo d'une maman avec sa fille, toutes les deux avec une afro

Apprendre à aimer ce que la nature nous a donner

Après avoir pris notes de cette scène dans ma tête, tout ce que j’ai pu faire était de secouer la tête et de m’en aller. Le simple fait de continuer à l’entendre appeler sa fille « Lil Nappy« , et pas dans le sens positif du mot, a failli me faire renverser mon café. Mais le vrai problème, qui m’a fait l’effet d’un couteau dans le coeur, c’est que la mère ne faisait que transposer ses complexes sur sa fille. Sa fille allait très bien, ne s’inquiétait pas du tout de ce à quoi ressemblaient ses cheveux jusqu’à ce que sa mère ne dépeigne ses boucles naturelles de façon si négative. Dès ce moment, son insouciance se transforma rapidement en obsession vis-à-vis de ses cheveux et de la façon dont elle pourrait les cacher.

En tant que femmes noires, nous savons que les cheveux sont un sujet sensible qui nous tient à coeur. De la perruque au défrisage, nous avons toutes notre propre avis et nos propres arguments pour expliquer pourquoi notre choix est le meilleur. Une fois adulte, on verra peut-être que notre avis a changé, au fil de nos expériences, après qu’on se soit trouvé, ou parce que nous avons simplement changé d’avis. Une fois adulte, on évoluera peut-être pour nous défaire des stéréotypes de beauté qui nous auront été inculqués depuis notre plus tendre enfance, surtout si on passe un jour du défrisage au cheveu naturel.

On peut comprendre qu’il n’existe pas de guide pour apprendre ou éduquer un enfant. C’est tout un apprentissage, mais il faut bien comprendre que les parents sont les personnes les plus importantes pour un enfant. Ce qu’ils apprennent et disent à un enfant a un poids qu’il ne faut pas négliger ; ces idées seront ancrées pour toujours dans leur esprit.

En fin de compte, les enfants sont intacts à leur naissance. C’est avec ce qu’on leur apprend que leur esprit s’élève ou s’affaiblit. Etre une jeune fille noire n’est pas toujours simple ; c’est un chemin à parcourir qui peut être difficile quand, à 7 ans, on vous apprend que ce que vous êtes par nature n’est pas suffisant. Que vous ayez les cheveux naturels, défrisés ou portiez des extensions, si vous avez des enfants, laissez-les s’accepter tel qu’ils sont nés. Les media apprennent constamment aux femmes noires qu’elles ne sont pas assez belles, que le fait de se transformer leur ouvriront les portes de la beauté. C’est à chacun d’entre nous de mettre fin à celà.

Ellisa Oyewo

Je pense que cela vaut pour ce que dit tout adulte à un enfant, que ce soit quelqu’un de sa famille, un professeur ou une simple connaissance. Il est important de protéger ces futurs adultes et de leur apprendre à s’accepter pour ne plus perpétuer certains complexes ou principes (comme le colorisme). Je suis donc tout à fait d’accord avec la conclusion d’Ellisa : « C’est à chacun d’entre nous de mettre fin à cela ».

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Africa’s Next Top Model arrive fin 2013 !

12 Oct

Traduction du post de Terrence Sambo sur One Nigerian Boy

Visuel de l'émission

Africa’s Next Top Model arrive bientôt ! L’émission est en production.

Africa’s Next Top Model marque l’arrivée de la franchise de Tyra Banks et de sa prestigieuse émission de concours de mannequins en Afrique. L’émission est programmée pour le dernier trimestre de l’année 2013. Elle sera présentée par Oluchi Orlandi, top model nigériane de renommée internationale.

Oluchi Onweagba Orlandi, top model nigériane, sera l'animatrice de l'émission

Oluchi Onweagba Orlandi, top model nigériane, animera Africa’s Next Top Model

L’animatrice nous donne plus de détails lors d’un point presse. L’émission Africa’s Next Top Model sera produite par Lulu Productions et Never Machine Productions, et diffusée par région dans toute l’Afrique, sur les chaînes proposées par MNET dans le bouquet Africa Magic [ndlr: MNET fonctionne comme Canal +]. Oluchi Orlandi aura le rôle de productrice déléguée et animatrice. La production de l’émission a d’ailleurs commencé en Août au Cap, et à Johannesburg ; la plupart des épisodes en anglais sont enregistrés sur place, en Afrique du Sud, et sponsorisé par l’Office du Tourisme d’Afrique du Sud.

Tyra Banks, top model, actrice, productrice et animatrice de télévision américaine

Tyra Banks, top model et créatrice du concept de l’émission avec America’s Next Top Model (« Top Model USA » en France)

Des top models en herbe seront sélectionnées sur casting dans 8 pays, parmi lesquels le Nigéria, le Ghana, le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Angola et la Tanzanie.

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Think Like A Man ne sortira jamais dans nos salles

15 Août

Traduit de l’article « ‘Think Like a Man’s’ Ban In France Proves It’s Hard To Be a N*gga In Paris » publié le 21 mai 2012 sur MadameNoire.com

La preuve qu’il n’est pas facile d’être des « Niggas in Paris »…

L’affiche du film Think Like A Man

Je ne sais pas quel traitement de star on réserve à Jay-Z et Kanye West quand ils vont à Paris, mais, pour ce qui est des noirs vivant au quotidien dans la capitale française, on peut dire que leur présence dans la société française ne se résumerait pas en un « nous sommes heureux de vous avoir parmi nous ». Ce dernier fiasco sur fond de racisme en est une preuve irréfutable : l’annulation de la sortie en salle du dernier film de Steve Harvey, « Think Like a Man ». Fabienne Fessell de Global Voices explique que le film fait « trop noir ».

« Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette explication ne colle pas avec la réalité puisque le casting du film ne réunit pas que des acteurs afro-américains. On pointe souvent du doigt le cinéma français en lui reprochant de ne pas être représentatif de la grande diversité de sa population. Bien que le succès du film « Intouchables » (qui a valu à l’acteur Omar Sy le César du meilleur acteur 2012) ait été une grande fierté et un bel espoir pour les français d’origine africaine et antillaise, on voit que ce film n’a pas été le tournant pour ce changement profond et durable. »

Steve Harvey : acteur, humoriste et animateur de radio américain depuis les années 80.

Malheureusement, c’est plus qu’évident : le problème de la France, c’est cette sorte de double pensée. Il y a à peine un mois, nous évoquions la polémique en France autour du concours de Miss Black France qui se déroulait à Paris. Ceux qui étaient contre avaient pour argument que singulariser la beauté noire allait à l’encontre du patriotisme français : on est français et non franco-antillais, franco-africain, etc. Le message était que la singularisation de la beauté noire était, d’une certaine façon, hypocrite : les populations noires du pays demandent à être mieux représentées d’un côté puis d’un autre excluent le reste de la population de cet événement. Seulement, il faut se demander une chose : pourquoi a-t-on besoin de ces événements ? Et comment la beauté occidentale, caucasienne, est célébrée en excluant de la même façon le reste de la population, et ce en non-stop ? Forcément, quand il en est ainsi depuis si longtemps et que ces modèles de beauté se rapprochent de ce qu’on voit dans le miroir, on a du mal à voir ce qui cloche.

Plein de stars pour ce film : Michael Ealy (Sept Vies, Takes…), Meagan Good (Streetdancers, Saw V, Cold Case…), Taraji P.Henson (Benjamin Buttons, Karate Kid…), Chris Brown, Gabrielle Union (American Girls, Bad Boys 2…), Keri Hilson, Kelly Rowland, etc.

Ce sont clairement les mêmes questions qui sont soulevées avec le film Think Like A Man. Le blog Martiniquais « People Bo Kay » a republié une note provenant de la page Facebook de Negro News : « La France ne veut pas de couples noirs au cinéma ». L’article explique que ce film ne sera jamais sous les projecteurs du cinéma français parce que les éléments qui font le romantisme du film ne sont pas assez diversifiés :

« Il faut rappeler qu’il y a en France, une stratégie socio-politique qui tend à prôner le métissage plutôt que la valorisation des communautés. Dans la comédie « Think Like A Man », les couples noirs sont mis en avant. »

Du coup, je me demande forcément si ce même argument tient la route quand on parle des comédies romantiques aux couples 100% caucasiens. Qui est-ce qui s’assure alors qu’on met bien des couples mixtes en valeur sur nos écrans ? Je doute que la question se pose.

Dans le même genre, vous aurez les affiches de : Ce que pensent les hommes, Mariage à la Grecque, Modern Love, Friends with Kids, Crazy Stupid Love…

Cette interdiction pose une question bien plus générale sur le cinéma « noir » lui-même. Je ne peux m’empêcher de penser à l’indignation suscitée par le remake de la pièce « Un Tramway Nommé Désir » avec un casting « noir » : pourquoi voit-on le cinéma « noir » comme une si grande menace ? Pour moi, c’est comme si on s’était passé le mot : il ne faut surtout pas leur donner des idées. S’ils se voient dans des films, ils risquent de se dire qu’ils ont du talent, qu’ils peuvent obtenir un meilleur statut voire devenir l’égal des blancs. Avec tous les exemples d’exclusions dont les coupables, qui essayent de réduire l’influence des populations noires, ne voient même pas la nécessité de dissimuler leurs motivations, on oublierait qu’on est en 2012.

Dans la publication de Negro News, les rédacteurs nous offre une autre explication de cette annulation. Cette nouvelle explication relève moins d’une question de cinéma noir, mais d’un ordre plus général et moins calculé. Ils suggèrent que l’annulation est due en partie parce que deux hommes sont pris pour ciblez, deux hommes qui se sont, en quelque sorte, levé contre leur place présumée dans la société. On observe effectivement qu’aucun film de Tyler Perry n’a été diffusé en France de façon générale. Les rédacteurs nous expliquent :

« Les films de l’auteur et producteur afro-américain Tyler Perry ne sont jamais programmés dans les salles de cinéma françaises. Ses films ne sortent même pas en DVD malgré le fait qu’ils soient souvent leader du box-office américain, comme ce fut le cas de « Pourquoi je me suis marié ? »(titre original : ‘Why did I get Married’) et « For Colored Girls ». La société française a un comportement hypocrite en refusant de diffuser des film de producteurs noirs qui génèrent des millions en véhiculant une image positive à la population noire à travers leurs films. »

Tyler Perry : acteur américain, réalisateur, dramaturge, scénariste, producteur de cinéma, auteur et auteur-compositeur. Rien que ça…

Je sais qu’on reproche souvent à Tyler Perry ses portraits caricaturaux et faciles du quotidien de la population afro-américaine, mais ses films font quand même passer des messages positifs. Le réussite de Tyler Perry est elle-même un exemple pour le public multi-culturel que les producteurs, réalisateurs et scénaristes noirs pourraient amener dans les salles. Mais ceux qui ont le pouvoir de faire en sorte que cela arrive n’ont simplement pas envie que cela se produise un jour. Aussi, beaucoup s’attendaient à ce que « Think Like A Man » ne fasse que la moitié d’entrées qu’il a en réalité généré le week end de sa sortie. Et dans la même logique, le New York Times avait choisi d’adopter la politique du laissez-faire pour la critique du film. Les bloggeuses de La Scandaleuse disent que les pouvoirs en France ne peuvent simplement pas comprendre « comment un film avec une majorité d’acteurs noirs peut-être premier du box office ! » Ce succès, avec 33,7 millions de dollars le week-end de sa sortie, devraient les inviter à jeter un oeil à tous les autres films américains.

La fierté nationale est un but honorable auquel peut aspirer le peuple français. Mais forcer les cultures à s’assimiler aux standards caucasiens n’est pas un bon moyen d’y parvenir. La règle avec laquelle ce film a été jugé devrait être la même que celle utilisée pour les films dont les acteurs sont d’autres couleurs. Les autres décisionnaires ne peuvent qu’assumer que leur motif est ici de mettre sous silence la représentation des populations noires, et pas seulement de célébrer l’identité nationale française.

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Beauty Color : Le salon de toutes les beautés ethniques

4 Déc

Depuis que j’en ai vu l’affiche dans le métro, je le vois partout : Beauty Color, le salon de toutes les beautés ethniques.

Affiche du salon Beauty Color

Voici la présentation du salon Beauty Color sur le blog Ma Beauté Noire Au Top :

Du 14 au 19 décembre 2011, à la halle Freyssinet dans le 13e arrondissement de Paris, se tiendra le premier salon Beauty Color. En quoi ce salon diffère-t-il des autres ? Beauty Color se définit comme étant « le premier salon entièrement consacré à la beauté noire et métissée mais aussi, un véritable espace d’expression de la beauté, dans les secteurs du cheveu, de la peau, de la cosmétique et du bien-être.  A travers cet événement, Beauty Color propose à la fois, d’amorcer un débat, et de créer un nouveau marché dédié à la spécificité des peaux noires et des cheveux crépu, bouclé et frisé« .

Durant ces six jours, cinq secteurs d’activités beauté s’y côtoieront. Ainsi, les stands/ateliers d’Esthétique, Cosmétiques, Accessoires de Mode, Coiffure, Conférence envahiront les 4000 m² de l’espace d’exposition. Les marques de cosmétiques nationales comme internationales seront présentes. Je cite pêle-mêle, Namasté, CS Dermatologie (Mela’Aura), Nacara, Ouadaï Cosmetics, L’Oréal, (Dark & Lovely, Mizani),  Noire Ô Naturel et bien d’autres encore. Pour cet événement de fin d’années, il est prévu la participation de 120 à 150 professionnels de la beauté, autant d’experts qui seront à votre écoute et à même de vous guider dans vos achats. C’est l’occasion de faire chauffer la carte bleue à bon escient ! Des animations et démonstrations sont également prévues.

Le salon Beauty Color aura lieu  au : 55 boulevard Vincent Auriol (Paris 13e). Les tarifs sont de 12€ par personne (plein tarif), 18€ (le Pass de 2 jours) et, c’est gratuit pour les enfants de moins de 7 ans. Pour de plus amples informations (réservation, accès, programme, organisation), vous pouvez consulter le site officiel de Beauty Color.

Si vous souhaitez vous y rendre, sachez que vous pouvez aussi gagner vos places avec TiModElle. Toutes les explications sont sur le site de TiModElle.

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Un post virulent sur le racisme publié sur Kamer Kongossa

21 Août

Je viens de lire un article posté sur le site Kamer Kongossa (Chroniques camerounaises) : Racistes et cons, quoi de plus normal finalement ?

Rien qu’au titre, on comprend que l’auteur, Ngimbis, nous parle ici de racisme d’un ton acide et provocant, dans le sens où il ne peut laisser le lecteur indifférent.

L’auteur de ce post rappelle que le racisme n’est pas propre au blanc.

[…] Je ne suis pas à proprement parlé ce qu’on appelle un personnage de la double culture, mais pour avoir cotoyer les réalités hexagonales et camerounaises je crois que j’ai vu autant de cons des deux côtés.

Aussi il partage avec nous ce qu’il pense de chaque partie, toujours avec ce ton sarcastique.

Ces blancs qui vous parlent de leur coup de foudre pour l’Afrique comme si bronzer 3 mois par an sur une plage tunisienne ou faire un safari à Waza c’était connaître l’Afrique.
[…] Ce n’est pas mieux au pays. Vivre dans l’opulence se dit « vivre comme un blanc ». Être ponctuel se dit « avoir l’heure du blanc » et j’en passe. Même manger un malheureux hamburger au lieu d’un succulent poulet-sauce-arachide est perçu comme un signe d’évolution raciale.

Je ne peux pas vous en dire plus sur cet article sans donner mon propre avis. Cela n’étant pas le but de mon post, je vous invite à lire l’article Racistes et cons, quoi de plus normal finalement ? en ligne. On pourra ensuite échanger nos avis sur la question. Je vais commencer en commentant tout de suite mon propre post !