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L’Afrique avant l’esclavage : de grands empires, une économie et des cultures fortes

7 Avr

Beaucoup d’Européens pensaient que l’Histoire de l’Afrique n’était pas importante. Leur argument était que les Africains étaient inférieurs aux Européens. Et c’est avec cet argument qu’ils justifièrent l’esclavage. Pourtant la réalité était tout autre. L’étude de l’Histoire de l’Afrique prouve que l’Afrique n’était en rien inférieure à l’Europe. Comme nous le verrons dans la suite de ce post, les peuples qui ont subit le commerce triangulaire étaient des peuples civilisés, organisés et technologiquement avancés, bien avant que les esclavagistes européens n’arrivent en répandant l’idée que ces peuples étaient arriérés.

Représentation de Mansa Musa qui fut à la tête de l'empire malien au 14e siecle et l'homme plus riche de tous les temps !

Représentation de Mansa Musa qui fut à la tête de l’empire malien au 14e siecle et l’homme plus riche de tous les temps ! Cliquez sur l’image pour en savoir plus 😉

Avant que le commerce triangulaire arrive en Afrique, ce continent avait une histoire et des cultures riches et variées. Il y avait un contexte politique, avec de grands empires, des royaumes, des cités-Etats et d’autres entités, avec leurs propres langues et cultures.

Les Africains vivaient comme les Européens

La vie des africains avant la période esclavagiste était assez similaire à celle des européens qui les ont asservi plus tard. Certains vivaient dans de grandes villes, d’autres dans des petites villes, d’autres encore vivaient à la campagne. Certains étaient riches, d’autres pauvres. Ils connaissent des périodes de paix mais aussi  des périodes de guerre.

Comme la plupart des européens, ils honoraient leurs parents et chérissaient leurs enfants. Ils travaillaient dur, puis un fois le travail achevé se consacraient à la musique, les arts et l’artisanat. Pour les grandes occasions, ou simplement pour s’amuser, ils se paraient de beaux vêtements, se maquillaient, pour voir et être vu.

 Gravure par Mage représentant un griot malinké

Un griot jouant de la kora

On parle souvent du continent africain comme s’il s’agissait d’un seul immense pays. En réalité, comme les européens à la même époque, les africains vivaient de nombreux groupes ethniques et une grande variété de nations, parlaient différentes langues et connaissaient différentes formes de cultes.

Imaginez le traumatisme que cela a été pour eux de se retrouver privés de liberté, séparés brutalement de ceux qu’ils aimaient, enchainés à des inconnus d’autres groupes ethniques avec qui la communication était sûrement impossible (ne parlant pas même langue, n’ayant pas les mêmes coutumes, étant peut-être même d’ethnies ennemies). Imaginez les faisant face à l’horreur de la traversée de l’Atlantique (le fameux « Passage du milieu ») et de l’esclavage, des faits dont de nombreux captifs avaient entendu parler durant les centaines d’années pendant lesquelles les blancs avaient chassés et pourchassés les noirs en Afrique.

Les grands empires africains

Voici quelques uns des empires qui ont existé sur le continent africain.

L’Empire Egyptien

Fresque dans la tombe de Horemheb dans la Vallée des Rois

Fresque dans la tombe de Horemheb dans la Vallée des Rois © CNRS Photothèque / Claude DELHAYE

L’Egypte fut la première d’une séries de grandes civilisations africaines. Pendant des milliers d’années, cette civilisation a achevé de magnifiques entreprises dans les domaines de la sciences, des mathématiques, de la médecine, de la technologie et des arts. La civilisation égyptienne avait déjà plus de 2000 ans quand la ville de Rome fut construite.

L’Empire du Ghana

Photo des ruines de Koumbi Saleh

Ruines de Koumbi Saleh, la capitale de l’ancien Empire du Ghana

En Afrique de l’Ouest, l‘Empire du Ghana était un vaste empire qui s’étendait sur un territoire de la taille de l’Europe de l’Est. Entre les IXe et XIIIe siècles, il faisait commerce d’or, de sel et de cuivre. LEmpire du Ghana était comme un empire européen au Moyen-Âge, avec de nombreux et puissants gouvernants locaux contrôlés par un roi ou un empereur. Le Ghana était un royaume très avancé et prospère. Le roi du Ghana aurait eut une armée d’environ 200 000 hommes.

Carte de l'ancien Empire du Ghana - Source : http://voyagesenduo.com/senegal/3grands_empires.html

Comparaison entre l’ancien Empire du Ghana et le Ghana actuel

Le Royaume du Bénin

Représentation d'Oba, le roi de l'ancien Royaume du Bénin

Représentation d’Oba, le roi de l’ancien Royaume du Bénin

Les royaumes du Bénin et Ife étaient dirigés par le peuple Yoruba entre les XIe et XIIe siècles. La civilisation Ife existait en – 500 av. J.-C et son peuple fabriquait des objets en bronze, en laiton, en cuivre, en bois et en ivoire. Des études montrent que le Bénin étaient très doué pour la sculpture de l’ivoire, la poterie, la fabrication de cordes et la production de gomme.

L’Empire du Mali

Carte montrant le Mali actuel et l'Empire du Mali

Comparaison entre le Mali actuel et l’Empire du Mali

Du XIIIe au XVe siècle, l’empire du Mali s’étendait de l’ouest au nord-est de l’Afrique. A son apogée, ce royaume faisait 2.000 km de large sur lequel s’étendait un réseau commercial organisé pour exporter la poussière d’or et les produits issus de l’agriculture vers le nord. Le Mali atteint son apogée au XIVe siècle. Le coquillage appelé cauri était utilisé comme monnaie, et on échangeait or, sel et cuivre.

Photo de la Grande Mosqué de Djennée au Mali

La Grande Mosqué de Djennée au Mali, un palais transformé en mosquée

L’Empire Songhaï

Représentation d'Askia Mohammed I, empereur de l'empire Songhaï dans le jeu Civilization V

Représentation d’Askia Mohammed I, empereur de l’empire Songhaï de 1493 à 1529

Entre 1450 et 1550, l’empire des Songhaï devint un empire puissant et prospère. Son gouvernement était bien organisé et sa monnaie était répandue. L’empire importait des tissus d’Europe. Tombouctou devint une des villes les plus importantes dans le monde. On y voyait bibliothèques et universités. Elle devint d’ailleurs le lieu de rendez-vous des poètes, des savants et des artistes d’autres régions d’Afrique et du Moyen-Orient.

Les formes d’esclavage avant l’arrivée des Européens

Représentation d'esclaves, prisoniers nubiens

Représentation de prisoniers nubiens aux temples Abou Simbel

Comme on l’entend de temps en temps, l’esclavage existait en Afrique avant l’arrivée des européens. Mais il existait sous différentes formes. Certains pays du continent avaient effectivement leur propre système d’esclavage. Des personnes pouvaient être réduites en esclavage après avoir commis un crime, pour rembourser une dette ou en étant prisonnier de guerre. Mais ces formes d’esclavages étaient bien différentes de celle qui fut instaurée plus tard.

  • La plupart des personnes réduites à l’esclavage était des prisonniers de guerre
  • Dans certains royaumes, quelques temps en esclavage servaient de punition pour certains crimes
  • Dans certains cas, les personnes réduites à l’esclavage pouvaient travailler pour acheter leur liberté
  • Les enfants des personnes réduites à l’esclavage ne devenaient pas automatiquement esclaves à leur tour

Alors que l’exploration et la colonisation devenaient des intérêts majeurs au cours de ce siècle, l’Afrique devint le point principal. Les portugais furent les premier à arriver en Afrique en 1441, mais les africains commerçaient avec les musulmans bien avant qu’aucun européens n’atteignent le continent africain. Depuis le début, les liens entre l’Europe et l’Afrique étaient économiques. Elles échangeait des biens comme des bijoux en cuivre et en laiton contre des produits comme des épices, des vêtements, des perles, et des esclaves (dans le cadre du réseau sur le continent africain).

Représentation des relations commerciales entre les musulmans et l'empire malien

Le commerce entre l’empire du Mali et les musulmans était très développé

L’esclavage domestique était courant en Afrique, et bien avant l’arrivée des européens, on pouvait vendre et acheter des esclaves, des Hommes. Cela étant, cet esclavage en Afrique était bien différent de la forme d’esclavage instauré par les européens. L’esclavage n’était alors pas basé sur une idéologie raciste ; c’était un moyen de trouver des ressources pour répondre à des besoins économiques. Comment savoir alors que ce que l’Afrique voyait comme de l’économie pure serait détourné en un chapitre synonyme d’horreur et d’oppression ?

« L’esclavage n’est pas l’Histoire de l’Afrique. L’esclavage a freiné l’Histoire de l’Afrique. »
Allan Hope, poète, acteur et activiste Rastafari jamaïcain

Sources : Africa Before Transatlantic Slavery, African Peoples Before Captivity, Africa Before The Slave Trade

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Citation

Nelson Mandela à propos de l’éducation

31 Mar

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde. »

Photo de Nelson Mandela

« Education is the most powerful weapon which you can use to change the world. »

C’est peut-être aussi ce que Kery James dit avec ses mots dans Banlieusards.

Apprendre, comprendre, entreprendre, Même si on a mal
S’élever, progresser, lutter, même quand on a mal […]

Photo illustratrice

L’évolution par l’éducation !

Cheveux afro : Qu’apprenons-nous à nos enfants ?

20 Jan

Apprendre à s’accepter commence dès le plus jeune âge avec ce que les adultes nous apprennent, pas seulement par l’éducation mais aussi par leurs paroles. Certaines remarques ou petites piques apparemment innocentes peuvent avoir un impact important sur la façon dont un enfant se percevra et se construira. Voici une belle lettre ouverte lue sur Kinkycurlycoilyme.com (What are You Teaching Your Children?) qui nous interpelle sur ce que nous apprenons à nos enfants. Et si comme moi vous n’avez pas encore d’enfants, c’est quand même important de comprendre l’impact de nos mots sur ces jeunes esprits : vos futurs enfants, vos neveux et nièces, les enfants des autres, tous-les-en-fants !

Photo mère fille aux cheveux afros

Apprendre aux enfants à s’aimer tels qu’ils sont

Lettre ouverte d’Ellisa Oyewo : Qu’apprenons-nous à nos enfants ?

Une mère à sa fille, en lui tirant les cheveux pour faire une queue de cheval : “Oulaaa ma chérie ! C’est crépu, crépu, crépu ! Il faut qu’on te défrise tout ça ! Dire que je te laisse sortir comme ça dehors, avec tous ces noeuds sur ta tête ! En public… On va finir par par t’appeler Lil Nappy ! »

Vous direz que j’ai été indiscrète, mais j’avoue avoir continué à observer la scène : cette petite fille de 7 ou 8 ans se faisait humilier ouvertement par sa mère. Comme dans beaucoup de cas, la jeune fille se souciait sûrement pas de ses cheveux avant que sa mère ne lui fasse ces commentaires. La petite fille, assise sur le banc, tenait fermement sa poupée bleue, et traçait des cercles par terre en poussant un caillou avec son pied. Dès que sa mère eut fini son monologue, la petite commença à toucher ses cheveux, encore et encore, essayant de les cacher du reste du monde. Elle posa sa poupée et demanda : « Qu’est-ce qu’ils ont mes cheveux ? »

Photo d'une maman avec sa fille, toutes les deux avec une afro

Apprendre à aimer ce que la nature nous a donner

Après avoir pris notes de cette scène dans ma tête, tout ce que j’ai pu faire était de secouer la tête et de m’en aller. Le simple fait de continuer à l’entendre appeler sa fille « Lil Nappy« , et pas dans le sens positif du mot, a failli me faire renverser mon café. Mais le vrai problème, qui m’a fait l’effet d’un couteau dans le coeur, c’est que la mère ne faisait que transposer ses complexes sur sa fille. Sa fille allait très bien, ne s’inquiétait pas du tout de ce à quoi ressemblaient ses cheveux jusqu’à ce que sa mère ne dépeigne ses boucles naturelles de façon si négative. Dès ce moment, son insouciance se transforma rapidement en obsession vis-à-vis de ses cheveux et de la façon dont elle pourrait les cacher.

En tant que femmes noires, nous savons que les cheveux sont un sujet sensible qui nous tient à coeur. De la perruque au défrisage, nous avons toutes notre propre avis et nos propres arguments pour expliquer pourquoi notre choix est le meilleur. Une fois adulte, on verra peut-être que notre avis a changé, au fil de nos expériences, après qu’on se soit trouvé, ou parce que nous avons simplement changé d’avis. Une fois adulte, on évoluera peut-être pour nous défaire des stéréotypes de beauté qui nous auront été inculqués depuis notre plus tendre enfance, surtout si on passe un jour du défrisage au cheveu naturel.

On peut comprendre qu’il n’existe pas de guide pour apprendre ou éduquer un enfant. C’est tout un apprentissage, mais il faut bien comprendre que les parents sont les personnes les plus importantes pour un enfant. Ce qu’ils apprennent et disent à un enfant a un poids qu’il ne faut pas négliger ; ces idées seront ancrées pour toujours dans leur esprit.

En fin de compte, les enfants sont intacts à leur naissance. C’est avec ce qu’on leur apprend que leur esprit s’élève ou s’affaiblit. Etre une jeune fille noire n’est pas toujours simple ; c’est un chemin à parcourir qui peut être difficile quand, à 7 ans, on vous apprend que ce que vous êtes par nature n’est pas suffisant. Que vous ayez les cheveux naturels, défrisés ou portiez des extensions, si vous avez des enfants, laissez-les s’accepter tel qu’ils sont nés. Les media apprennent constamment aux femmes noires qu’elles ne sont pas assez belles, que le fait de se transformer leur ouvriront les portes de la beauté. C’est à chacun d’entre nous de mettre fin à celà.

Ellisa Oyewo

Je pense que cela vaut pour ce que dit tout adulte à un enfant, que ce soit quelqu’un de sa famille, un professeur ou une simple connaissance. Il est important de protéger ces futurs adultes et de leur apprendre à s’accepter pour ne plus perpétuer certains complexes ou principes (comme le colorisme). Je suis donc tout à fait d’accord avec la conclusion d’Ellisa : « C’est à chacun d’entre nous de mettre fin à cela ».

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L’histoire du blackface, ce « déguisement » qui dérange

8 Jan

Voici une petite leçon d’histoire de GlobalGrind. Dans un post publié sur ce site pendant Halloween, Christina Coleman nous explique concrètement en quoi porter le blackface est un geste offensant. On ne voit pas beaucoup de blackfaces en France, mais expliquer ce que c’est, expliquer son histoire, c’est éviter que certains (je ne citerai personne) ne le portent pour se déguiser sans comprendre le geste. 

Pour ce qu’il représente, le blackface est, de loin, bien plus terrifiant que les copies de Miley Cyrus. Se « déguiser » en noir, quand vous ne l’êtes pas. Que ce soit en l’honneur de votre personnage de télévision préféré, pour aller à une soirée sur un thème en rapport avec l’Afrique, ou pour clairement caricaturer une certaine vision de la culture afro-américaine avec des bling-bling, des chaînes et casquettes de travers, en représentant l’ignorance et le sectarisme habillé en gangster… En vous grimant ainsi, vous ferez dans tous les cas quelque chose de mal.

Affiche de la campagne : "Nous sommes une culture, pas un déguisement"

Affiche de la campagne : « Nous sommes une culture, pas un déguisement »

Le blackface. Certains l’ont porté par le passé. Certains le portent encore aujourd’hui. Et c’est vraiment une honte.

Photo de maquilleurs retouchant le blackface que porte Doris Day

La chanteuse et actrice américaine Doris Day portant le blackface (1951) Crédit: Hulton Archive/Getty Images

Cela fait des années qu’on explique au monde qu’on ne doit jamais porter le blackface ; ce n’est pas un geste anodin. Mais si on explique pas pourquoi, si on explique pas l’histoire du blackface, cela n’empêchera pas certaines personnes, connues ou pas, de le porter aujourd’hui avec l’approbation de leur entourage.

C’est une histoire que doivent ignorer beaucoup des trouble-fête que l’on voit pendant la période d’Halloween. Cette ignorance me donne une raison de pardonner leur insulte.

Voici quelques faits que vous devez connaître sur l’histoire du blackface, et les raisons pour lesquelles il ne sera jamais acceptable de se grimer avec un fond de teint ou de la peinture noir charbon ou marron pour faire rire.

1 – Le blackface est né dans les années 1820, dans les « minstrel shows ».
Dans ce genre de spectacle caricaturaux où les acteurs blancs se « déguisaient » en noirs. Ces caricatures avaient pour but de se moquer des noirs, finissant par inscrire dans les mentalités que toute personne à la peau noire correspondaient à ces stéréotypes.

Affiche de minstrel show

Affiche de minstrel show

2 – Les minstrels show ont existé des années 1820 jusque dans les années 1890.
C’était alors la forme de divertissement la plus populaire aux Etats-Unis. Dans chaque spectacle de ce genre, on retrouvait de nombreuse blagues et sketches mettant en avant les stéréotypes les plus dégradants et déplaisants sur les noirs pour faire rire le public.

3 – Jim Crow un personnage de cette époque très connu
Jim Crow, joué en réalité par un comédien à la peau très pale du nom de Thomas « Daddy » Rice, dansait et chantait « Jump Jim Crow » (chanson se moquant d’un esclave handicapé) avec le blackface. Une partie de son numéro montrait Jim Crow venant déranger les blancs profitant d’un moment paisible le plus souvent dans un wagon de train ou un restaurant. Le terme Jim Crow devint finalement synonyme de mise à l’écart des populations noires dans les zones réservées aux blancs. C’est pour cela que les lois qui instaurent la ségrégation portent le nom de ce personnage (Jim Crow Laws).

Représentation de Jim Crow

Représentation de Jim Crow

4 – Zip Coon, un autre personnage récurrent des minstrel shows.
Zip Coon, personnage créé en 1834, était joué par George Dixon. Sa spécialité était de se déguiser en un esclave affranchi et arrogant qui cherchait à se faire respecter mais ne parvenait pas à s’habiller et s’exprimer correctement.

5 – On parle aussi de « coon »
On désignait Jim Crow, Zip Coon et les autres personnages de minstrel créés après eux sous le nom de « coon ». Des comédiens blancs se déguisaient et peignaient leur visage avec un mélange contenant du charbon ou d’autres teintures, et exagéraient les traits en faisant les gros yeux et peignant leurs lèvres en rouge.

Le logo du site black-face.com

Illustration du blackface sur le site black-face.com

6 – Les stéréotypes dans les minstrel show
Faisons un tour des stéréotypes récurrents dans les minstrel shows

Représentation des personnages récurrents des minstrel shows

Personnages récurrents des minstrel shows

  • la Mama (en anglais « Mammy »), une femme noire d’un certain poids, fidèle à son maître
  • l’Oncle Tom (en anglais « Uncle Tom »), un homme noir qui chérit les idéaux des blancs
  • le Mâle (en anglais « Buck »), un homme noir intimidant qui n’a d’yeux que pour les femmes blanches
  • la Gueuse (en anglais « the Wench »), une femme noire aguicheuse le plus souvent jouée par un homme en robe
  • le « Pickaninny« , un ou plusieurs enfants aux cheveux hirsutes
    Je ne sais pas comment traduire ce mot mais si on le décompose « pick-a-ninny » signifie « choisis un idiot ». Tout est dit.

7 – A propos du Pickaninny
Dans les personnages récurrents (encore en 2013), le « pickaninny » est censé être un personnage insignifiant. Ces enfants étaient présentés comme étant bêtes, impulsifs. Ils se blessaient et mourraient souvent dans les minstrel shows.

8 – Des artistes noirs ont dû porter le blackface
Étonnamment, au 19ème sicle, les publics blancs refusaient que de véritables comédiens noirs jouent sur scène s’ils ne portaient pas le blackface. Le premier à le faire est William Henry Lane, aussi connu sous le nom de Master Juba. Ce danseur de claquettes qui finit par être si connu qu’il eu la permission de monter sur scène sans le blackface.

Portrait de William Henry Lane sans le blackface

Portrait de William Henry Lane

9 – Le blackface dans le vaudeville
Penser au vaudevile. Le vaudeville est un style de comédie qui propose des pièces pour un public familial. Ce genre de pièces très répandu des années 1880 au début des années 1930 faisait revêtir le blackface aux comédiens noirs dans les quelques rôles disponibles pour eux. C’est de cette façon dégradante que beaucoup de comédiens et danseurs noirs ont commencé et ont finalement ouvert la voix pour que les noirs puissent monter sur scène un jour sans blackface.

10 – Le blackface au cinéma
Avec le temps, le blackface est passé de la scène au grand écran. Dans Naissance d’une Nation (« Birth of a Nation »), le film controversé sorti en 1915, des hommes blancs portent le blackface pour décrire les hommes noirs comme des être violent et les affranchis comme étant simple d’esprit. Dans ce film, le Ku Klux Klan sauve les états du Sud et la race blanche de leur perte, les noirs ayant pris le pouvoir. Le réalisateur du film, D. W. Griffith, admit que le but était de « créer une aversion chez les populations blanches et surtout les femmes blanches, envers les hommes de couleurs ».

Affiche du film

Affiche du film « The Birth of a Nation »

11 – Le blackface dans les dessins animés
Des films, on passe aux dessins animés. Warner Brothers, MGM et Disney utilisent fréquemment le blackface dans les dessins animés pour perpétuer le stéréotype du noir paresseux, bête et violent. Aujourd’hui encore on peut voir certaines de ces références dans les programmes groupés.
Voir quelques exemples en image sur Youtube

12 – Le blackface dans un film de Spike Lee
Spike Lee s’est penché sur le thème des minstrel shows et du blackface dans The Very Black Show (en anglais, Bamboozled). Dans ce film sorti en 2000, Spike Lee montre les conséquence de près de deux siècles de préjugés et images dégradantes des populations noires aux Etats-Unis.
 Voir la bande-annonce du film Bamboozled

Malgré cela, malgré l’histoire du blackface, aujourd’hui encore, on peut voir ça :

Photo de blackface lors d'une soirée sur le thème de l'Afrique

Des invités d’une soirée de mode sur le thème de l’Afrique

Ca :

Photo de blackface comme déguisement pour Halloween

Le blackface comme déguisement pour Halloween… on dit non !

Ou encore ça :

Photo de déguisement d'Halloween

Se déguiser en gangster… Ok. Mais pourquoi se peindre « en noir » là ?

Si on reste positif, on peut espérer que comprendre l’histoire douloureuse du blackface fera réfléchir ceux qui veulent portent ce déguisement offensant à Halloween ou autre.

Source

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Janelle Monaé et son discours sur l’acceptation de soi

6 Jan

Le 13 octobre 2012 à New York, lors des Black Girls Rock 2012 sur la chaîne américaine BET, la chanteuse Janelle Monaé a prononcé un beau discours sur l’acceptation de soi.

Photo de la chanteuse Janelle Monaé pendant son discours sur l'acceptation de soi

La chanteuse Janelle Monaélors des Black Girls Rock 2012
Crédit photo : Bryan Bedder pour BET

La cérémonie des Black Girls Rock! awards célèbre la réussite de femmes de couleurs dans le domaine de l’art, de la politique et du social. Parmi les nominées, l’auteure, compositrice et interprète Janelle Monaé a reçu le Young Gifted and Black Award (le prix « Jeune, Talentueuse et Noire »). Son discours fut le plus émouvant de la soirée :

« Quand j’ai commencé ma carrière dans la musique, j’étais femme de ménage. Je nettoyais chez les gens. Ma mère était concierge et fière. Mon beau-père, qui m’a élevé comme sa fille, travaillait dans un bureau de poste, et mon père était éboueur. Ils travaillaient tous en uniforme. C’est pour cela que je suis ici aujourd’hui, en noir et blanc, et que je leur fais honneur en portant mon uniforme.

Cet uniforme me rappelle que j’ai quelque chose à accomplir. J’ai des gens à encourager, à inspirer. Et aujourd’hui, je porte fièrement mon uniforme en tant que Cover Girl. Par contre, laissez-moi vous expliquer, les filles. Je n’ai pas dû changer ce que j’étais pour devenir une Cover Girl. Je n’ai pas cherché à devenir parfaite, parce que la vie m’a appris que la perfection était l’ennemie de la grandeur. Alors acceptez ce qui fait de vous quelqu’un d’unique, même si cela met les autres mal à l’aise.« 

Janelle Monaé

Photo de Janelle Monaé pendant les Blacb Girls Rock! 2012

« Cet uniforme me rappelle que j’ai quelque chose à accomplir. J’ai des gens à encourager, à inspirer. »

A seulement 26 ans, Janelle Monaé est connue pour sa musique captivante qui met d’accord des amateurs de musique de tous genres (dans un seul album, elle vous fera passer du R&B à la funk en passant par le rap, le rock psychédélique et la disco). L’artiste est aussi reconnue pour son style vestimentaire original. Elle porte toujours ce qu’elle appelle son uniforme : toujours en veste et pantalon, en noir et blanc, coiffée d’un chignon banane à la mode des années 50.

Cet uniforme a attiré l’attention de grandes stars incontournable de la mode comme André Leon Talley, éditeur pour la version américaine du magazine Vogue. En août 2012, Janelle Monaé devient une CoverGirl, rejoignant ainsi les top models américains Christie Brinkley, Tyra Banks et Sofia Vergera, aujourd’hui ambassadrices de cette marque de cosmétique.

Photo de quelques ambassadrices de la marque de maquillage CoverGirl

Janelle Monaé fait partie des ambassadrices de la marque CoverGirl, comme Pink, Katy Perry, Sofia Vergera, Tyra Banks et d’autres.

Pendant son discours sur l’acceptation de soi aux Black Girls Rock! 2012, Janelle Monaé évoque avec émotion sa famille et explique porter cet uniforme pour leur faire honneur.

Voir le discours en image

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