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Fatou Diome, écrivaine sénégalaise

26 Nov

Fatou Diome est une écrivaine sénégalaise, née à Niodior, au Sénégal, en 1968.

Photo de Fatou Diome, écrivaine sénégalaise

Fatou Diome, écrivaine sénégalaise

Fatou Diome est née en 1968 sur une petite île au sud-ouest du Sénégal. Elle est élevée par sa grand-mère. Contrairement à ce qu’exigent les traditions de sa terre natale, elle côtoie les hommes plutôt que d’aller aider les femmes à préparer les repas et assurer les tâches ménagères. Toujours en décalage avec le microcosme de l’île, elle décide d’aller à l’école et apprend le français. Sa grand-mère met un certain temps à accepter le fait qu’elle puisse être éduquée : la jeune Fatou doit aller à l’école en cachette jusqu’à ce que son instituteur parvienne à convaincre son aïeule de la laisser poursuivre. Elle se passionne alors pour la littérature francophone.

A treize ans, elle quitte son village pour aller poursuivre ses études dans d’autres villes du Sénégal tout en finançant cette vie nomade par de petits boulots : elle va au lycée de M’bour, travaille comme bonne en Gambie et finit par entamer des études universitaires à Dakar. A ce moment, elle songe à devenir professeur de français, loin de l’idée de quitter son pays natal.

La Préférence Nationale, par Fatou Diome

« De son île natale au sol français, de la mendiante au professeur, de ses premiers émois à ses récentes déceptions, c’est à un triple voyage – géographique social et mental – que nous convie la narratrice de ce recueil. Usant d’une langue incisive et colorée, la jeune romancière et poétesse sénégalaise y dépeint tant la brutalité des sociétés traditionnelles que la calme violence qui sourd de nos sociétés d’exclusion. »

Mais à 22 ans, elle tombe amoureuse d’un Français, se marie et décide de le suivre en France. Rejetée par la famille de son époux, elle divorce deux ans plus tard et se retrouve en grande difficulté, abandonnée à sa condition d’immigrée sur le territoire français. Pour pouvoir subsister et financer ses études, elle doit faire des ménages pendant six ans, y compris lorsqu’elle peut exercer la fonction de chargée de cours au cours de son DEA, fonction qui lui apporte un revenu insuffisant pour vivre.

En 1994, elle s’installe en Alsace. Elle est étudiante à l’université de Strasbourg où elle termine aujourd’hui son doctorat de lettres modernes sur Le Voyage, les échanges et la formation dans l’œuvre littéraire et cinématographique de Sembène Ousmane, tout en donnant des cours.

Fatou Diome se consacre également à l’écriture : elle a publié La Préférence nationale, un recueil de nouvelles, aux éditions Présence africaine en 2001. Le Ventre de l’Atlantique est son premier roman, paru en 2003 aux éditions Anne Carrière. Ce roman lui vaut une notoriété internationale. Son second roman, Kétala, paraît en 2006.

Ketala, un roman de Fatou Diome

« On ne peut pas toujours emmener les siens avec soi, mais on part toujours avec sa mémoire. »

La France et l’Afrique forment le cadre de ses œuvres de fiction. Son style est inspiré par l’art traditionnel de narration, tel qu’il est toujours connu dans l’Afrique contemporaine. Avec ses descriptions précises et authentiques, un humour impitoyable et le langage tranchant, mais nuancé, qui la caractérisent, elle trace un portrait inquiétant des difficultés d’intégration à l’arrivée en France harmonisé par des épisodes entremêlés de nostalgie et d’agrément au souvenir de son enfance au Sénégal.

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Voir aussi :

Marguerite Abouet : Scénariste, dessinatrice et coloriste ivoirienne

26 Oct

Marguerite Abouet naît à Abidjan en 1971. Elle a douze ans quand ses parents l’envoient avec son grand frère « suivre de longues études » à Paris, où les héberge leur grand-oncle maternel.

Après des études moins longues que prévu, elle écrit des romans qu’elle ne fait lire à aucun éditeur, tout en devenant tour à tour punk, super-nounou pour triplés, pour mamies et papis, serveuse, opératrice de saisie, puis assistante juridique dans un cabinet d’avocats. Aujourd’hui, elle se consacre entièrement à l’écriture.

Aya de Yopougon est la première histoire qu’elle destine à la bande dessinée. Avec une voix et un humour inédits, elle y raconte une Afrique bien vivante, loin des caricatures trop souvent répandues.

Marguerite Abouet et la BD Aya de Yopougon (premier et dernier tome)

En 2005, l’Ivoirienne cosigne avec le dessinateur Clément Oubrerie Aya de Yopougon, une bande dessinée qui raconte une Afrique différente de celle véhiculée par les clichés. Salué par les professionnels, le recueil remporte le prix du Premier album du Festival d’Angoulême en 2006.

Sources : Bedetheque.com et Evene.com

Envie d’aller plus loin ? Je vous conseille :

Cheikh Anta Diop : une autre vision de l’Afrique noire

17 Oct

On m’a conseillé récemment de lire des livres de Cheikh Anta Diop : Nations nègres et culture et Unité culturelle de l’Afrique noire.

Son nom est assez connu. Je savais donc que Cheikh Anta Diop était une personnalité importante dans l’histoire de l’Afrique. Mais je ne savais pas vraiment pourquoi ; tout cela restait assez vague. Je partage donc avec vous ce que j’ai appris sur lui.

Cheikh Anta Diop est un historien et anthropologue sénégalais. Il s’est battu pour mettre en valeur ce que l’Afrique, et en particulier de l’Afrique noire, avait apporté au reste du monde en dehors des richesses commerciales. Ses thèses ne sont pas encore acceptées par la communauté scientifique qui n’est pas convaincue par les arguments scientifiques qu’il avait avancés. Cela étant, Cheikh Anta Diop est un visionnaire : sa vision de l’Afrique dans l’Histoire a un impact indéniable sur la conscience des peuples noirs. Ses visions devancent les grandes découvertes archéologiques des années 2000 sur le continent africain.

Cheikh Anta Diop, l’homme qui a révolutionné la pensée africaine

[…] Dans un tel contexte, il n’était pas étonnant de voir le monde scientifique occidental, complètement retourné, observer impuissant les dégâts causés à ses théories les plus tenaces par un jeune homme fort d’une érudition à toute épreuve. D’autant plus que la plupart des thèses occidentales, à l’époque, tendaient à justifier l’esclavage et la colonisation.

Le scientifique Cheikh Anta Diop (mathématicien, physicien – nucléaire -, chimiste, égyptologue, historien, linguiste) n’a pas fait que détruire les thèses les plus « solides » qui voulaient que la civilisation vienne du monde occidental. Il a prouvé à ceux qui en doutaient encore – et qui sont libres de rester plongés dans leur scepticisme !- que tous les hommes sont égaux quelles que soient leurs races et que par conséquent, la colonisation, à plus forte raison l’esclavage ne sauraient trouver de justification crédible. Car au-delà de la dette morale due aux Nègres, et loin d’une délectation du passé, il s’agissait de réécrire la vraie Histoire de l’Humanité totalement dépouillée d’une idéologie aux arguments à la fois légers et grotesques. « S’ils pensent qu’ils sont les plus intelligents tant mieux. Mais alors de quoi ont-ils peur ? », lancera-t-il en substance.

Lire l’article Cheikh Anta Diop, l’homme qui a révolutionné la pensée africaine sur Le blog de Saliou Samb

Photo de Cheikh Anta Diop, historien et anthropologue sénégalais

Cheikh Anta Diop, historien et anthropologue sénégalais

Cheick Anta Diop disait déjà que l’Homme venait d’Afrique

Cheikh Anta Diop est aussi le premier à avoir démontré que l’Afrique était le berceau de l’humanité. Il était déjà convaincu que l’Homme était née en Afrique : d’abord de race noire, l’Homme se serait diversifiée ensuite en plusieurs autres races dès lors que les Africains ont quitté l’Afrique pour aller peupler le reste du monde. Et c’est précisément ce que les scientifiques prouveront plus tard. Rappelez-vous, par exemple, en 2007 :

Une nouvelle étude anglo-nippone met à mal les derniers arguments en faveur d’une origine multiple et fixe le berceau de l’homme moderne en Afrique subsaharienne. « L’étude est originale parce que les données de génétique des populations sont complétées par des données craniométriques assorties d’un test de scénario », explique Évelyne Heyer, professeur au Muséum et spécialiste de l’évolution génétique humaine.

Lire l’article L’Homme moderne vient d’Afrique écrit par Isabelle Brisson pour Le Figaro

Parmi les livres de Cheick Anta Diop

Pour les livres qu’on m’a conseillés, je suis allée voir les commentaires de lecteur sur Amazon et le site de la Fnac.

Nations nègres et culture

Je perçois Cheikh Anta Diop non seulement comme un grand savant mais aussi comme le dernier Pharaon. À travers son oeuvre « Nations Nègres et Culture » il a su restituer à l’Afrique son passé oublié en d autres termes l’ appartenance de L’ Egypte (Kemet) à l’ Afrique. Avant les recherches de Cheikh Anta Diop tout se passe comme si l ‘Egypte bien que se trouvant en Afrique n’aurait rien à voir avec elle sur le plan historique et culturel. Ce livre est une très grande valeur historique et scientifique pour l’humanité toute entière car il montre que le peuplement de l’ancienne Egypte était Négro-Africain. Aujourd’hui plus que jamais la découverte des manuscrits de Tombouctou au Mali donne raison à ce grand chercheur et contraint historiens et scientifiques à reconnaître l’unicité culturelle Africaine, à lui restituer son véritable passé afin de mieux comprendre l ‘histoire de l’humanité.
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Unité culturelle de l’Afrique noire

Cheikh Anta Diop fut un des grands penseurs de l’Afrique du XXe siècle et il n’eut de cesse, durant sa vie, de redonner à son continent la place qu’il mérite dans l’Histoire. Dans cet ouvrage, Diop compare les cultures de la Méditerrannée antique, en les plaçant dans deux groupes distincts: les sociétés patriarcales (héritées des peuples nomades des steppes) et les sociétés matriarcales (issues des peuples sédentaires du sud). Ce faisant, il met en évidence l’influence des africains de l’antiquité dans l’élaboration des sociétés du bassin méditerranéen, qui constituèrent alors la base culturelle de l’occident actuel. Or, cette influence de l’Afrique est due en grande partie à l’Egypte ancienne, qui rayonna sur tout l’ancien monde, ses dieux étant vénérés jusqu’au nord de l’europe. Et c’est là que le livre de Diop prend toute son ampleur: l’auteur s’applique à prouver, en utilisant par exemple la linguistique et l’étude des moeurs, que les Egyptiens étaient des africains, très loin des clichés véhiculés par l’occident, dont les films nous abreuvent d’images d’égyptiens à la peau claire. Par conséquent, nous prenons conscience, en lisant ce livre, de l’immense patrimoine culturel que nous à légué l’Afrique, à qui nous devons les fondements même de notre « occident ».
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J’espère que mon article vous aura donné envie de vous intéresser, vous aussi, à ce visionnaire qui nous permet de découvrir l’Histoire de l’Afrique autrement. Après tou, lLe point de vue de Cheikh Anta Diop est bien plus intéressant que celui de ceux qui pensent que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire« , n’est-ce pas ?

Voir aussi :

Dossier sur la littérature francophone africaine

25 Août

Connaissez-vous Cahiers d’Etudes Africaines ? C’est une revue bilingue consacrée aux sciences sociales sur les populations noires d’Afrique, des Antilles et des Etats-Unis.

Cahiers d’Etudes Africaines va publier un dossier sur la littérature francophone africaine : Scandales – Littérature francophone africaine et identité. L’auteur, Koffi Anyinefa, professeur de français à Haverford College aux Etats-Unis, est un spécialiste de la littérature africaine. Il est notamment l’auteur de Litterature et politique en Afrique Noire.

Le Pr Koffi Anyinefa

Le dossier  Scandales – Littérature francophone africaine et identité sera publié dans son intégralité le 20 septembre 2011. On peut déjà en lire le résumé et un extrait  sur le site etudesafricaines.revues.org.

L’histoire de la littérature francophone africaine a été ponctuée de scandales divers d’autant plus importants qu’ils concernent des auteurs considérés comme importants. En étudiant surtout les discours qui ont accompagné deux scandales les plus retentissants (Ouologuem et Beyala), l’article montre que le champ littéraire en question constitue un espace pluriel subissant un courant d’influences diverses et se nourrissant aussi bien d’éléments endogènes qu’exogènes essentiellement relayés par Paris.

Ce dossier s’annonce très intéressant pour toute personne voulant en savoir plus sur l’histoire de la littérature francophone africaine.